Les Tarots

La Kabbale

La Kabbale

L

a Kabbale, selon la tradition, remonterait à Siméon Bar Yo'haï qui vivait au IIe siècle. Elle serait l'expression de la connaissance cachée ou la clef secrète qui permettrait de décoder la Torah (l'ancien testament). Les livres les plus significatifs sont :

   Le Sepher Ha-Bahir : Le livre de la Clarté ;
   Le Sepher Ha-Zohar : Le livre de la Splendeur ;
   Le Sepher Yezirah : Le livre de la Création.

 

 

D'une manière simpliste, on pourrait dire que la Kabbale dont le nom signifie : réception, recevoir, est une science spéculative qui permet de comprendre comment Dieu a créé l'univers et puisque l'être humain en est la raison, comment il peut remonter jusqu'à la lumière primordiale. Cette Kabbale philosophique a donné naissance à la Kabbale pratique. Puisque l'Homme est à l'image de Dieu, il peut donc créer comme Dieu ou du moins prendre en charge sa destinée et devenir créateur d'une vie vouée à Dieu. Cette kabbale pratique se préoccupe entre autres choses, de l'astrologie, de la chirologie, des pentacles, des incantations magiques, des mantras (la puissance du Verbe) et aussi de la prophétie. Prophétie ? Mais, n'est-ce pas de la divination ?

 

Divination ? Certains pensent que la bible condamne la voyance… tout est une question de point de vu. Qu'est-ce un prophète, sinon une personne qui annonce les temps à venir ! La Bible condamne les pratiques qui font appellent aux esprits (spiritisme ou channeling) et aux forces infernales pour prédire le futur.

 

Ces deux approchent kabbalistiques se retrouvent aujourd'hui dans le Tarot : 

   C'est un livre de réflexion servant à cheminer spirituellement ;

   C'est un art royal servant à prendre en main son devenir par la divination.

 

Il est évident que la divination pratiquée aujourd'hui n'a rien à voir avec l'art dont les médiévistes utilisaient le Tarot pour réfléchir sur leurs préoccupations quotidiennes. Nous aurons sûrement la chance de vous faire partager un jour ce jeu du labyrinthe qui se pratiquait au Moyen-âge sans avoir besoin de tirer les cartes...

 

 

Les bases de la Kabbale

 

Elles sont innombrables. Groupons-les en deux points :

   La lettre et le nombre ;
   L'Arbre de vie des Kabbalistes.

 

 

 

La lettre et le nombre

 

Chez les hébreux, une lettre est un nombre et un nombre est une lettre.

 

L'alphabet hébraïque se compose de 22 lettres, tout comme le Tarot se compose de 22 arcanes dits majeurs.

 

Ces 22 lettres hébraïques se subdivisent en 3 catégories :

 

  3 lettres mères : aleph, mem et shin.

  7 lettres doubles : beth, ghimel, daleth, kaph, pé, rech, tav.
(Selon leur prononciation, elles expriment des notions opposées. Exemple : la lettre Beth symbolise la sagesse, mais aussi son contraire la folie.)

12 lettres simples : hé, vav, zaïn, heth, teth, yod, lamed, nun, samech, aïn, tsadé, quof.

 

Pour comprendre la symbolique simple du Tarot, il faut savoir que la Kabbale enseigne que Dieu a tout formé à l'aide des trois lettres mères. Elles symbolisent les trois éléments alchimiques de la nature :

 

1. Aleph (1ère lettre) : l'air ;

2. Mem (13e lettre) : l'eau ;

3. Shin  (21e lettre) : le feu.

 

La Kabbale précise que ces 3 lettres mères se combinèrent pour former le 4e élément : la terre.

 

 

 

L'Arbre de vie des Kabbalistes

 

Dans le Sepher Yezirah, le livre de la création, parfait manuel du kabbaliste, il est dit que lorsque Dieu voulut se manifester, ce fut par un éclair fulgurant qui mit en place 10 sphères sorties du néant (ou sephiroth).

 

En fait, cet éclair forme par son zigzag une extension et une contraction délimitant l'œuvre de création entre deux pôles, ou piliers, appelés : pilier de la miséricorde à droite (extension) et pilier de la rigueur à gauche (contraction). Naturellement, le centre devient le pilier de l'équilibre.

 

Cet Arbre de vie fut aussi subdivisé verticalement en quatre grandes parties qui mettent en évidence quatre mondes formant la base même de la structure tarologique :

 

Le premier monde s'appelle Atziluth. Il est formé par les trois sephiroth Kether, Hokmah et Binah ;

Le deuxième monde s'appelle Briah. Il est formé par les trois sephiroth Chesed, Geburah et Tipheret ;

Le troisième monde s'appelle Yezirah. Il est formé par les trois sephiroth Netzach, Hod et Yesod ;

Le quatrième monde s'appelle Assiah. Il est constitué de la dernière sepherah : Malkuth.

 

 

L'éclair fulgurant et les quatre mondes dans le Tarot

 

 

Que devons-nous retenir pour l'étude de la symbolique du Tarot ?

 

Justement les quatre mondes :

 

Le monde Briah symbolise le monde de la création ;

Le monde Atziluth symbolise le monde de l'essence ou l'émanation ;

Le monde Briah symbolise le monde de la création ;

Le monde Yezirah symbolise le monde de la formation ;

Le monde Assiah, symbolise le monde de l'action.

 

Ces quatre mondes ont été pour diverses raisons symbolisés de différentes manières.

 

Ainsi pour les kabbalistes, ces mondes représentent les 4 parties de la vision d'Ézéchiel, lorsqu'il décrit le Char de Dieu (E. 1-4) :

 

L'Ange émanation ;
 L'Aigle création ;
Le Lion  formation ;
Le Bœuf action.

 

Ces quatre éléments se retrouvent constamment dans les arcanes du Tarot. Les plus significatives sont : LE·MONDE (arcane 21) ou encore : LA·FORCE (arcane 11), LA·TEMPERANCE (arcane 14) ou encore : LE·CHARIOT (arcane 7). Ils indiquent sur quel plan doit être interprété l'arcane. Curieusement, il faut signaler que le cheval dans le Tarot remplace aussi le Bœuf.

 

Les 4 éléments réunis : l’Ange, l’Aigle, le Lion et le Cheval

 

Pour les alchimistes, ces quatre mondes représentent aussi les principes des 4 éléments mis en évidence dans ces quatre mondes :

 

L'eau l'essence de toute chose, symbolisée par l'ange ; 
L'air l'aigle vole dans l'air ;
Le feu le lion symbolise l'énergie du feu ;
La terre le bœuf travaille la terre.

 

Rappelons que les chrétiens assimilèrent ces quatre mondes aux quatre évangélistes :

 

Saint Mathieu  l'ange ;
Saint Jean l'aigle ;
Saint Marc le lion ;
Saint Luc le bœuf.

 

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